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Cette histoire est l'œuvre d'un spécialiste italien du folklore et des traditions populaires alpines. Fils de paysans pauvres, mais après des études de droit à Grenoble, Ippolite Berthe est affecté par la justice ecclésiastique dans une vallée des Alpes, la Prévôté d'Oulx, à Chiomonte — c'est aujourd'hui le long de l'autoroute Albertville/Turin juste après la sortie du tunnel du Fréjus. Mais nous sommes en 1533…

Quatre personnes ont été découvertes mortes dans la montagne. Ces morts sont suspectes. Certains pourraient croire à un assassinat, d'autres à la peste. Mais quelques brebis aussi semblent avoir été emportées par la même cause : naturelle, humaine ou diabolique? Près de là travaille Colombano, un artisan qui a passé un contrat avec les villageois pour creuser une dérivation de torrent qui apporterait certainement un supplément de richesse agricole. Mais une partie des habitants le tient pour coupable. On a failli le lyncher (ou pire) mais heureusement Colombano a pu agripper à temps « l'anneau de salut scellé entre les pierres de l'église ». De ce fait c'est à la justice religieuse d'opérer car ce geste faisait bénéficier du droit d'asile sacré.


Le juge Ippolite Berthe qui aime bien ses villageois, et notamment la veuve Margherita, ne croit pas un instant à la culpabilité de l'étrange Colombano. Comment le prouver? Le procès organisé par le juge Berthe risque de lui échapper du fait de certains témoins trop habiles. Comment alors éviter que cela oblige à faire passer l'affaire dans le ressort de l'Inquisition? Le juge Ippolite, tout tonsuré qu'il est, n'hésite pas à se rendre sur le terrain et même à tendre un piège à un meunier. Curieuse époque où l'ergot de seigle pouvait vous rendre malade. Aujourd'hui, ça entre dans la composition de médicaments contre la migraine.      
           
Que le lecteur se rassure, il n'aura pas de migraine en lisant ce récit bien enlevé. En épilogue, le texte complet de "la chanson de Colombano", en patois local, qui a traversé les siècles et provoqué la curiosité du journaliste qu'est aussi l'auteur. Pour ceux qui aimeront ce contexte historique et ce climat qui flirte avec la sorcellerie on se doit de recommander deux ouvrages de l'historien transalpin Carlo Ginzburg (Le Fromage et les vers, et Le sabbat des sorcières).

 

• Alessandro PERISSINOTTO. La chanson de Colombano
Traduit par Patrick Vighetti, 2004, "Folio policier" n°336.
[
Sellerio, 2000].

 


Tag(s) : #LITTERATURE ITALIENNE