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La "Bibliothèque brésilienne" des éditions Métailié a le mérite de nous initier à un grand classique : Machado de Assis. Avec ces "Mémoires posthumes de Brás Cubas" le lecteur savourera un récit autobiographique au charme désuet et légèrement humoristique datant de 1881.

Brás Cubas, héritier un peu écervelé d'une famille qui a fait fortune dans les tonneaux ("cubas"), raconte sa vie de bourgeois brésilien ; je ne sais si l'on disait déjà "carioca" pour les habitants de ce qui était alors capitale d'Empire. C'est un rentier qui nous parle. Il commence son récit avec un titre d'une certaine originalité : « Décès de l'auteur ». En tout 160 chapitres, parfois très courts, qui évoquent petits et grands moments de son existence qui s'étend de 1805 à 1869, et une foule de personnages secondaires, parents ou amis, ce qui esquisse les grandes lignes d'une société où la traite négrière continuait d'importer des esclaves d'Angola.

Le cœur du récit est la liaison de Brás avec Virgilia, dont il s'est épris avant même qu'elle ne devienne l'épouse d'un de ses meilleurs amis, Lobo Névès, politicien comme lui. Même si Lobo est souvent plus attentif à sa carrière politique qu'à son épouse — d'une beauté merveilleuse évidemment — les agissements des deux amants finiront par lui être connus. Heureusement, Lobo n'est pas d'un caractère emporté… et Brás se laissera convaincre par sa sœur d'envisager le mariage avec la jeune Eulalia qui n'a guère que la moitié de son âge. Survient alors une épidémie de fièvre jaune. Et Brás va rechercher, avec un ami un peu fou et philosophe, comment accepter ses déboires à répétition. Celui-ci, qui a lu Voltaire, reprend l'opinion de Pangloss. Mais un pessimisme de bon ton conjugué à l'ironie de l'auteur rendent cette lecture quasiment jubilatoire.

J.M. MACHADO DE ASSIS
Mémoires posthumes de Brás Cubas
Traduit par R. Chadebec de Lavalade
Métailié, 1989, 267 pages.

 
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