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Publié en 1996 dans la fameuse "Série Noire", et reparu en poche en 2005, ce court polar évoque les réactions d'hostilités déclenchées à Tahiti par l'installation du CEP à Mururoa une génération auparavant. Un journaliste juste débarqué de Paris et qui reprend l'avion pour Paris 150 pages plus loin se trouve plongé le 14 Juillet dans une sinistre Fête Nationale — Tiuraï — qui démarre une intrigue trop rapidement esquissée par ce premier roman de Patrick Pécherot.

Les personnages de ce polar ont peu d'épaisseur, figurines de BD, malgré la préface de Didier Daeninckx qui explique que le journaliste-enquêteur, Thomas Mecker, n'est autre qu'un véridique auteur de polars, Jean Meckert, alias Jean Amila, dont le séjour en Polynésie faillit finir tragiquement. Ceci ne suffit pas à faire de l'intrigue de "Tiuraï" une œuvre littéraire inoubliable. Pourtant la matière première disponible ne semblait pas faire défaut ainsi que le suggère la liste des principaux personnages. Outre le "fouille-merde" de passage : le patron du canard local, une vahiné à la belle tignasse qui embaume le monoï, un bar louche avec pute et indics, un inspecteur des R.G. à la figure de chanteur populaire, une poignée d'indépendantistes polynésiens évadés de la prison, un gendarme cocu qui se fait tuer par l'amant de sa femme, un beachcomber australien finalement expulsé, des commandos en Zodiac et tout en noir, des infirmières tout en blanc, des ouvriers irradiés.

Mais l'intrigue n'est pas suffisamment développée : elle reste simpliste et trop limpide, même si l'auteur affirme joliment et insidieusement qu'à Tahiti seule l'eau du lagon est transparente.

Patrick PÉCHEROT
« T i u r a ï »

Gallimard, 1996 (folio 2005), 170 pages.

Tag(s) : #OCEANIE