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Beaucoup de romans américains se passent banalement à New York ou à Los Angeles, dans l'Ouest sauvage ou le Sud profond – c'est la raison pour laquelle un titre qui annonce "Chicago" m'a intéressé. Ça commence et ça se termine dans le Loop, le quartier d'affaires au centre de Chicago. À l'ouest de la rivière, dans West Adams Street, le "héros" a failli se faire écraser par un bus. Deux cents pages plus loin, et juste un peu plus à l'ouest la boucle est bouclée par son suicide du haut de la Tour Sears... Voilà pourquoi les deux bouts de l'histoire devaient se passer à Chicago. Pour le reste, on fréquente les banlieues nord, Skokie et Evanston.

Malgré son nom qui rappelle la sinistre police soviétique, Parker Iagoda a un honorable travail de yuppie dans l'immobilier. Il suit depuis sept ans un régime alimentaire strict, soucieux d'éviter les mauvaises graisses et les additifs chimiques. Il est marié à Barbara, qui aime la photographie contemporaine surtout si elle est choquante, et qui se déguise par le retrouver à l'hôtel et surprendre ses fantasmes.

En effet, Parker cherche à passer pour un autre, ainsi en est-il aussi quand par le hasard du métro ou d'un bar, il entame la conversation avec un quidam. Par petites annonces il a rencontré des jeunes femmes, comme la mystérieuse Ewa, dont il découvrira sur le tard qu'elle est flic en civil et non pas monitrice de sport. À ce moment, c'est la canicule, et il vient de commettre un meurtre affreux sur la personne de la blonde, volubile et facile Sharon. En peu de temps, sa personnalité chavire vers une culpabilisation très particulière : il va chercher des aventures susceptibles de le mettre en danger afin de "compenser" son crime que la presse a oublié au profit des actualités électorales. Comment ? En se travestissant en Sharon. Et en changeant de régime alimentaire pour le pire de la mal-bouffe du Midwest. Le résultat est un échec pitoyable.

Cet étrange "Chicago Loop" met parfois le lecteur mal à l'aise. Mais il bénéficie constamment d'une écriture soignée. Ce thriller psychologique est en effet dû à un écrivain réputé – pour des récits de voyage – parus eux chez Grasset dans les "Cahiers Rouges".

Paul T H E R O U X
« Chicago Loop »
traduit de l'anglais par Isabelle Delord-Philippe
Robert Laffont, 1992, 214 pages.




 
Tag(s) : #LITTERATURE ETATS-UNIS