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Festival des Trois Continents, Nantes, 2007

 

"AU FIL DE L'EAU" de Li Yu
Chine, 2005

Dam-Street-affiche.jpgÀ mon avis le film le plus intéressant du festival. Mais il n'était pas en compétition pour la Montgolfière d'or… "Dam Street" raconte les destins croisés d'une jeune fille victime du climat répressif de la fin de l'ère maoiste et de l'enfant qui lui a été arraché. C'est l'œuvre sensible, et deuxième long-métrage, d'une réalisatrice née en 1973.

À la fin de l'ère maoiste, puis plus brutalement en 1979, une réduction drastique de la natalité fut imposée aux Chinois. Héritage du contrôle social fort des années mao, tout couple devait obtenir, pour faire un enfant, l'autorisation de son danwei ou collectivité de rattachement. Xiao-Yun, adolescente de seize ans, est expulsée du lycée lorsqu'un professeur découvre qu'elle est enceinte. Tout le lycée est mis au courant par haut-parleur! Le garçon part en apprentissage chez un oncle. Et la jeune fille, battue par sa mère, décide néanmoins d'accoucher, convaincue par la soeur de son amoureux qui travaille à l'hôpital local. Mais on dira à Xiao-Yun que son bébé est mort-né. L'accoucheuse envisage de donner le bébé à une institutrice sans enfant, mais elle le gardera pour elle. On découvrira le subterfuge plus tard…

Dix ans après, la Chine commence à vivre l' “ouverture”. Déçue de ne pas être appréciée comme chanteuse d'opéra traditionnel, Xiao-Yu est contrainte de devenir une chanteuse pop dans une boîte minable de sa ville natale, le "karaoké des minettes" (dixit le sous-titrage). Toujours marquée par ce vide de l'enfant qu'on lui a pris, elle s'attache à un gamin facétieux et finit par apprendre que c'est son fils ! Sa mère exige alors qu'elle quitte la maison. Xiao-Yun doit choisir parmi ses prétendants. Il y aura nécessairement un jaloux dangereux. La fin de l'histoire peut surprendre, avec un mariage interrompu par un meurtre, mais c'est une fin ouverte.
 
 

"QUATRE FEMMES"
d'Adoor Gopalakrishnan
Inde, 2006

"QUATRE FEMMES" est une réussite à divers titres. Quatre femmes, quatre histoires, mais toujours la même : la difficile condition des femmes indiennes.

La première histoire (la prostituée) est courte et très épurée : un couple enlacé allongé sur un trottoir est arrêté par la police et envoyé devant le juge. La deuxième histoire (la vierge) raconte un mariage arrangé : un homme arrive, le mariage est célébré, l'homme mange ; les autres jours aussi, il mange ; mais le mariage n'est pas consommé. La troisième histoire (la ménagère) montre une femme déçue par son mariage, car ses enfants sont morts en bas âge ; un ami galant offre ses services, car ne serait-ce pas la faute du vieux mari ? La quatrième histoire (la vieille fille) est plus complexe : ses soeurs cadettes sont déjà mariées, son frère aussi, et elle, pourtant fort belle, reste célibataire. De cet échec elle prétend faire sa force : la liberté d'une femme en Inde de vivre seule.

Avec des séquences très soignées, des couleurs harmonieuses, une musique d'inspiration traditionnelle, c'est comme "un produit du terroir", du "cousu main", à des lustres de Bollywood et des nanars avant-gardistes. La relative lenteur du film ajoute une impression forte de maintien des traditions à qui sait la reconnaître. Aux antipodes du nanar précédent…

 
 
"C A M P A I G N"
de Kazuhiro Soda

Japon, 2007, 120 min.


Voilà  une introduction trépidante à la vie politique japonaise !  Nous suivons Kazuhiko Yamauchi dans sa campagne pour devenir conseiller municipal de Kawasaki. Il s'agit d'une élection partielle pour pourvoir au siège déjà obtenu par le PLD, le principal parti de gouvernement du Japon depuis soixante ans, et dont le leader au pouvoir est alors Junichiro Koizumi. Quelle que soit la démocratie considérée, l'électeur n'aime guère les parachutés, surtout pour des élections locales. Effectivement c'est le handicap de Mr Yamauchi, et une électrice le lui dit tout net. Mais quel dynamisme ! Auprès de lui notre Président semblerait bien mou ! Peine perdue souvent : le candidat parle dans le vide. 

Alors documentaire lassant ? Jubilatoire au contraire ! Si le candidat assisté de son épouse (kanaï) est peu efficace par lui-même, la victoire viendra de la "machine" du PLD allié au Komeito. Le programme est banal et juste entr'aperçu : soutenir les réformes de Koizumi, réformer la gestion de Kawasaki, faciliter l'accès aux crèches. Comme le dit un expert du parti, les gens n'écoutent pas plus de 3 secondes : juste le temps de dire votez pour moi, votez Yamauchi! —que l'on soit à la sortie de la gare, devant un centre commercial, ou à bord d'un minibus équipé de haut-parleurs et de slogans dans les rues des quartiers résidentiels. On retiendra plusieurs fêtes locales auxquelles assiste -contraint et forcé- le candidat, avec un défilé d'associations 3ème âge précédant une séance de gymnastique… Que c'est dur d'entrer en politique et de faire semblant de s'intéresser à des électeurs qui ne vous ont jamais vu !

Le top du documentaire !

 


 
"KAMOSH PANI"
de Sabiha Sumar
Pakistan, 2003

À travers l'exemple de l'histoire d'une famille, la réalisatrice pakistanaise s'attaque à la question de la partition de l'empire des Indes en 1947 et aux conséquences qui s'ensuivent jusqu'à nos jours. Le souvenir du drame que fut cette partition hante le film à plusieurs reprises avec des images de violence. Un drame personnel que l'actualité pakistanaise rend encore plus attachant. Le film est aussi appelé "Silent Waters" ou "Le Puits"; et en effet un puits peut être fatal.

L'histoire se place du point de vue d'une mère dont le fils est attiré par l'islamisme et dont le frère revenu de son côté de la frontière pour un pélerinage est en butte à l'hostilité des fanatiques. Impossibilité des retrouvailles et de l'harmonie familiale : la mère ira jusqu'au suicide.


 
 
"ENDO, FIN DE CONTRAT"
de Jade Francis Castro
Philippines, 2007

End of Contract ! Aux Philippines, la version locale du CDD est un emploi de six mois. Leo, qui vit avec son père revenu handicapé d'un travail en Arabie, et avec son frère faux-étudiant, flirte avec les jeunes filles qu'il rencontre à chaque emploi temporaire. L'une lui laisse un baladeur. L'autre un téléphone. Il hésite entre Tanya et Candy. Mais son indécision lui fera perdre l'une et l'autre… Il ne souhaite pas s'expatrier, entrer dans la marine comme Tanya et tant d'autres. Et Candy semble avoir des goûts de luxe. Un film bien interprété et très "fleur bleu" comme on disait jadis.

 

 

 



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