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"DÉMENCES"
de Fadhel Jaïbi

Tunisie, 2006, 104 min.

«Démences» (Junun) est la version filmée d'une pièce du Nouveau Théâtre de Tunis. Elle en garde décors et mise en scène dépouillés. Un schizophrène, Nun, est confié à une psychothérapeute (rôle interprété par Jalila Bacar épouse du réalisateur) dont les méthodes sont opposées à celles de ses confrères masculins. Ceux-ci chercheront à la faire démissionner la parce que, disciple d'une méthode à leurs yeux hérétique, elle cherche à connaître le patient dans son milieu et à lui faire retrouver les mots pour dire son mal-être.
 
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Nun est interprété par Mohamed Ali Ben Jemaa

Avant de soigner efficacement le malade, regarder sa famille. Une mère paumée, des soeurs prostituées, des hommes pitoyables tel ce frère alcoolique, maquereau et taulard, etc…
 
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La mère et le fils aîné

Quand arriva le mariage de l'aînée des filles, Nun explosa d'une crise de démence violente et misogyne. Interné, l'Autre qui habite Nun lui dicte des visions diaboliques. Car la Femme c'est le mal. Il veut la violer, la tuer, l'étouffer, l'étrangler, la brûler… La psychiatre va cependant triompher de ses confrères masculins et faire reculer la schizophrénie de son patient au prix d'une lente thérapie, douloureuse pour elle aussi. Ce qui n'a pas empêché le jury du festival de Fribourg en 2007 de lire dans ce film "une critique sans concessions de la… schizophrénie politique tunisienne" !?
 
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Les psychiatres hostiles

"Démences" doit à ses origines théâtrales un rythme prenant et la force de ses dialogues. À l'hôpital, la présence et les gestes des déments font écho au chœur de la tragédie grecque. Loin d'être enraciné dans l'espace tunisien, le scénario atteint à l'universel et à l'intemporel tandis que la marque d'un environnement culturel arabe parvient à poétiser les paroles qu'échangent Nun et la psychiatre, quand Nun est parvenu à accepter la mort du père.
 
 
"DARATT" (Saison sèche)
de Mahamat-Saleh Haroun

Tchad, 2006, 131 min.


Après des années de guerres civiles, le Tchad tente de retrouver la paix : une commission de réconciliation a incité le gouvernement à proclamer l'amnistie pour les crimes passés. Ceci ne satisfait pas le grand-père d'Atim, seize ans, orphelin de guerre. Il confie un revolver à son petit-fils et lui donne mission de faire vengeance. Nassara, l'assassin de son père est boulanger à N'Djaména. Il s'y rend.


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Pour Atim, cette victime à lui désignée montre certaines fragilités :
Nassara ne s'exprime plus qu'à travers un micro depuis une tentative d'assassinat. Il avoue des faiblesses physiques. Il veut aussi convaincre Atim d'aller à la mosquée.

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La vengeance du grand-père sera-t-elle effective ? Le scénario est moins simpliste qu'il n'y paraît d'abord. La fin du film n'est pas une pirouette, mais une solution qui ménage l'objectif de vengeance du grand-père, la fierté de Atim, et même la vie du boulanger qui voulait faire de Atim son successeur.
Ce film, aux dialogues assez rares mais aux paroles pesées, captive en évitant de tomber dans la multiplication des détails insignifiants. Au milieu du film, belle séquence de jazz chanté.

 

"MUNA MOTO"
de Jean-Pierre Dikongué Pipa

Cameroun, 1975, NB, 90 min.

Un homme et une femme… Lui, Ngando, et Elle, Ndomé, s’aiment. Ngando demande Ndomé en mariage mais la famille de Ndomé lui rappelle qu’il doit s’acquitter de la dot. Orphelin, il fait appel à son oncle qui, déjà marié à trois femmes qu'il prétend stériles, décide d’épouser la jolie fille qui attend un enfant de Ngando : l'Enfant de l'autre, tel est le sens du titre. Désespéré, le beau Ngando, le jour de la fête traditionnelle du Ngondo enlève sa propre fille. Mais la justice post-coloniale est à l'œuvre et Ngando pourrait bien connaître le palais de justice et la prison de Douala.

 
"LE MANDAT"
de Ousmane Sembène

Sénégal, 1968, NB


Le facteur apporte au chef de famille un mandat venu de Paris. Sans rien dire, ses deux épouses en font état à la "boutique" pour obtenir huile et riz afin de nourrir leurs sept enfants. La rumeur naît et se répand : chacun vient "taper" le personnage principal, analphabète, sans papiers… À travers cette aventure mi-dramatique mi-humoristique le réalisateur plonge le public au cœur de la culture africaine musulmane, sans oublier la moralité finale : l'honnêteté n'a pas de valeur dans ce pays. C'était  déjà, en 1968, une fable dénonçant l'hypocrisie, la bassesse et de la corruption en Afrique Noire. –  Le réalisateur Ousmane Sembène est décédé en juin 2007.
 

• Chaque année en mars, se déroule à Milan un très remarquable festival du film africain.

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