Wodka par Mapero

 S'ouvrir au monde sans pour autant sacrifier au relativisme culturel qui n'est que mépris de l'Autre.


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Un grand roman d'un auteur syrien

 

 

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Tristram Shandy en version… Tristram

 

 

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Un Italien amoureux du Mexique

 


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Le dernier roman du Nobel 2010

Pour le Congo et pour l'Irlande ...

 

 

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Reborn in America: French Exiles

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1815-1865 by Eric Saugera.


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1596 - Les Hollandais débarquent à Java 

 

 

Kathémo

 

L'odyssée d'un Congolais, du Rwanda en France

 

 

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Amour et haine au pays des bayous


 

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Le chouchou du prof d'histoire sudiste

 

 

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Le Canada, d'une rive à l'autre

 


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Esclarmonde recluse et enceinte

 

 

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Boualem Sansal :

L'Algérie, toujours ...

 


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Un héros (russe) de notre temps

RENAUDOT 2011


 

KM Ammi

 

Avec Charles de Foucauld, incognito !

 

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Satan, sexe et catacombes romaines !

 

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Bien plus qu'un polar…

 

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Les Cahiers d'un combattant républicain


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Ramon Sender : le requiem du paysan espagnol

 

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Les secrets d'une famille somalienne

 

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En Afrique de l'Ouest…

 

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Chamanes et possédées

 

 

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Mabanckou, l'Afrique, la France…

 

 

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Le Congo et les femmes puissantes…

 

 

 

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L'éducation piégée par l'individualisme


 

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La tradition, ça naît, ça vit, ça meurt aussi !

 

 

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L'offensive évangélique des JEM

 

 

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Avec Laclavetine en Touraine



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Deux précurseurs de Soljénitsyne :

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Le général allemand qui

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 15:33

Il a fallu un grand sens de l'humour et une plume économe au romancier galicien (1910-1999) pour se tirer du récit de cette affaire d'Etat qui tient du conte philosophique. Le roi que le titre mentionne est Philippe IV célèbre au moins par les portraits qu'en fit Vélasquez. Le jeune souverain n'a jamais vu de femme nue avant de passer la nuit avec la belle Marfisa. Son Torrente-Roi-ebahi.pngébahissement se poursuit dans la galerie interdite des peintures collectionnées par son grand-père — « Majesté, les théologiens les plus subtils doutent du salut de votre grand-père, le Grand Roi, il a trop dépensé l'argent du peuple à ces cochonneries...» Des cochonneries signées Titien et "Hiéromboch" : la police des mœurs a rarement le sens de l'art... Désormais, Felipe veut voir aussi sa femme toute nue, il n'en démord pas, et dès la nuit prochaine.

Aussitôt, la Cour et la Ville s'enflamment tel un réseau social surchauffé par l'été brûlant. Pour les autorités, la question se pose de déterminer si le péché du roi pourrait influencer les affaires du pays. Bien sûr, le royaume traverse une crise financière ; il vit suspendu à l'arrivée des galions d'Amérique convoités par les corsaires anglais ; en attendant le Trésor est soumis au bon vouloir des banquiers de Gênes. Aux Pays-Bas, les huguenots menacent d'écraser les troupes catholiques. Les péchés de la vie privée du roi peuvent-ils réellement faire basculer la vie du royaume tout entier ? Dans la débauche, la défaite et la ruine ? D'urgence, les bigots œuvrent pour empêcher le roi de revoir la reine, nue ou habillée. Dans les galeries vides, le roi se morfond : « Mon confesseur m'a dit que ce n'était pas un péché. Il est vrai que mon confesseur est mort cet après-midi même. Tu ne trouves pas cela bizarre ? » glisse-t-il au comte qui avait déboursé les dix ducats pour payer Marfisa.

Le romancier nous a concocté une gestion de crise très sophistiquée et très plaisante à suivre. Le gouvernement cogite en la personne du Favori (un cavalier célèbre sous le pinceau de Vélasquez, Prado, 1635); il semble s'accorder avec le capucin Villaescusa dont les ambitions de carrière pointent jusqu'à Rome ; notons cependant qu'il énerve tout son monde à force de vouloir brûler des sorcières et plein de Galiciens, compatriotes du romancier. Le Grand Inquisiteur calme les esprits et nomme rien moins que quatre commissions de théologiens pour temporiser. Le père Almeida revenu du Brésil, le comte Peña Andrada revenu de la guerre de course, et la belle Marfisa, tous recherchent comment redonner espoir au roi. Les événements qui se produiront au couvent San Plácido — où Marfisa est repliée sur indication du Grand Inquisiteur en personne — ne manqueront pas de donner au nouveau règne des débuts prometteurs. Et des commandes attendues pour Diégo Vélasquez.

• De ce roman Imanol Uribe tira un film en 1991 : il remporta huit Goyas.

Gonzalo TORRENTE BALLESTER  -  Le Roi ébahi. Traduit de l'espagnol par Claude Bleton. Actes Sud, 1991 (Ed. Planeta, 1989).

 

 

Par Mapero - Publié dans : ESPAGNE ET AMERIQUE LATINE
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 14:05

Un pauvre paysan d'Alentejo quitte sa famille pour l'armée, puis le Portugal pour la Chine. Ventura échappe de justesse à diverses accusations de meurtre et les circonstances font qu'il se rapproche d'un compatriote du Minho, Pereira. Tandis torga-senhor-ventura.jpegque l'Alentejano trime dans un garage, Pereira fait la cuisine pour leur boui-boui qu'une bagarre avec les marins américains saccage entièrement. Les deux hommes changent d'activité et livrent des camions Ford en Mongolie puis aux troupes des seigneurs de la guerre. Le Minhoto meurt dans un conflit. L'Alentejano en réchappe. C'est alors que Senhor Ventura rencontre Tatiana — pour son bonheur comme pour son malheur. Taxis et machines à sous l'enrichissent et gâtent Tatiana. Mais celle-ci se détache de lui malgré la naissance de leur fils Sérgio. Expulsé de Chine pour ne pas y être condamné comme trafiquant de drogue, Ventura rejoint le Portugal, et y mène une vie immobile de paysan pauvre que rien ne vient modifier. Tandis que Tatiana dilapide le reste de sa fortune et change d'amants comme de robe, il revient mourir à Tchong-King sous les yeux de la poupée russe.

Au contraire de la Chine des villes et de la révolution, le Portugal, roc chrétien sur l'Atlantique, est indirectement présenté par Miguel Torga comme le pays de la permanence, où rien ne peut ni ne doit changer. Où rien n'a vraiment changé. Revenu de Chine avec encore quelque argent, Ventura a été incapable d'imaginer un autre destin que de reprendre la routine de sa vie de paysan dont l'armée l'avait temporairement éloigné. L'infertilité des terres mal cultivées et les structures agraires encore féodales bloquent tout changement. En attendant d'hypothétiques réponses de Chine, Ventura retour d'exil va vers un échec assuré. À son tour donc, Sérgio deviendra berger sur le domaine du vieux Gaudêncio, comme pour bien montrer que c'est illusion de croire au changement. Un livre que l'on vient d'élaguer, comme pour en faire un roman graphique ou un conte. Péché de jeunesse en 1936, Torga l'a repris en 1985 quand le Portugal se remettait en mouvement.

Miguel TORGA - Senhor Ventura  - Corti, traduit par Claire Cayron, 2005, 128 pages.

— Du même auteur, sur wodka : Contes de la montagne et Vendange.

Par Mapero - Publié dans : BRESIL ET PORTUGAL
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 09:59

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La Loire à Amboise, photo de J.L. Chapin


Laclavetine accompagne le photographe Jean-Luc Chapin à travers la Touraine, il porte le parapluie qui abrite son Hasselblad lors des prises de vue. C'est un stage professionnel de lenteur. Laclav-Faineants.gifEn vélo et en Twingo ils parcourent toute la province, villes et villages, partout où Laclavetine a des amis à lui présenter : des viticulteurs, des artistes, des gens à part. « Nous sommes à la pointe de la feuille de vigne opportunément découpée par l'administration napoléonienne dans la carte de France pour y représenter le jardin de la France cher à Rabelais. Si le département d'Indre-et-Loire ne recouvre pas avec une exactitude absolue les contours de l'ancienne Touraine, il en est une figuration particulièrement bienvenue, avec son tracé ampélographique : une feuille de vigne dont les rivières formeraient les nervures.» Remontant ou descendant les cours et sans ordre chronologique, la fine équipe suit la Gartempe, la Creuse, la Vienne, la Loire, l'Indre, le Cher avec des coins pour la pêche. Si les débits de tabacs commencent à se raréfier dans ces campagnes profondes, il reste encore des auberges typiques tenues par des amis et relations de Laclavetine. Chemin faisant, on n'est jamais bien loin d'une exploitation viticole, en culture biologique de préférence, et certains chapitres sont très orientés "pinard", avec vendanges et dégustations. Le vouvray accompagne bien les rillettes de Tours. On croise de célèbres fantômes : celui de François Rabelais autour de La Devinière et celui d'Honoré de Balzac à Saché — « nombre de ses lettres à Mme Hanska ou à Zulma Carraud sont expédiées d'ici.». C'est d'ailleurs ce dernier qui donne à l'auteur la formule de son titre dans un passage de "L'Illustre Gaudissart". Sans apprendre grand chose d'essentiel sur l'auteur, cette lecture confirme son penchant anti-urbain, anti-parisien : Tours est le maximum qu'il puisse supporter et c'est là qu'il habite près de la cathédrale. Cette littérature itinérante prend parfois l'allure d'un hommage à ceux qui sont venus s'installer, s'enraciner ici même temporairement comme Max Ernst ou Alexandre Calder, et surtout goûter l'absence de stress qui recouvre le pays plus que les 25 % de couverture forestière.

Marx-Ernst-Douce-Franc-e.jpg

Max Ernst, "Le Jardin de la France", Centre Pompidou

Les Tourangeaux sont les plus à même de tirer la substantifique moëlle de ce récit verdoyant qui s'adresse en priorité aux Ligériens confirmés et aux fidèles de la Dive Bouteille, « goutteux illustres et buveurs très précieux.»


Jean-Marie LACLAVETINE  -  Au pays des fainéants sublimes. - Collection "le sentiment géographique", Gallimard, 2011, 228 pages.


 


 

Par Mapero - Publié dans : LITTERATURE FRANÇAISE
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 07:08

La rencontre des cultures est plus fréquente qu'autrefois du fait de la mondialisation. Invoquant les recherches d'Amselle, Appadurai, Bhabha, Gruzinski et quelques autres, J. Souty nous donne un petit essai d'anthropologie sociale à la gloire de la diversité, de la mixité, de l'hybridation culturelles, Souty.giftoujours bien vivantes, auxquelles les propos si convenus d'une uniformisation par les marchés ne laisseraient plus d'espace. Identités multiples, métissages, créolisation, sont donc ce qui se joue dans les huit exemples qui forment la base de cet essai.

On lira particulièrement les pages consacrées à l'île de Mozambique qui comme bien des îles est en avance en matière de rencontre interethnique et religieuse ; à la cuisine méditerranéenne ouverte depuis des lustres aux fruits et épices du monde ; au syncrétisme religieux du Brésil avec des éléments africains antérieurs à la traite et une symbiose entre orixas et saints catholiques. Les pages consacrées à Bollywood introduisent à une "indianisation" du 7è art, des danses et des chants tenant plus de place qu'en Occident, tandis que le scénario s'adapte tant que film n'est pas achevé. Autre adaptation, cette fois liée à un homme : la bibliothèque d'Aby Warburg se voulait innovante pour l'approche de la Renaissance, mais après avoir fui le nazisme cet érudit est allé se faire ethnologue pour entrer en contact avec les Indiens Pueblos. Il me semble que les pages sur l'art contemporain apportent à la fois du positif et du négatif dans la démonstration : si l'art africain ou océanien a donné des modèles d'ouverture culturelle aux artistes européens vers 1900, en revanche les exploits technologiques d'un Anish Kapoor ou d'un Jeff Koons sont une quintessence de la spéculation : l'art est ailleurs.

Pour finir, je reconnais que les pages sur Internet et sur la traduction m'ont moins convaincu — l'exemple du Parlement européen ne m'a pas paru pertinent sauf à confondre culture et administration des ressources humaines.

Jérôme SOUTY - La Rencontre des Cultures.  Le Cavalier Bleu éd., 2011, 187 pages.

 

Par Mapero - Publié dans : ANTHROPOLOGIE
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 19:46

  

Alors que le mémorial de l'abolition de l'esclavage est près d'être inauguré au quai de la Fosse, Nantes se penche plus que jamais sur son passé. Quelle a été la place de la traite négrière dans l'histoire de la ville ? Quelles autres activités les armateurs nantais ont-ils exercé pour bâtir leur fortune ?

Parmi les dynasties commerciales du port atlantique, les Dobrée tiennent une place particulière comme l'explique cette exposition des Archives départementales de Loire-Atlantique. Originaire de Guernesey, Pierre-Frédéric Dobrée s'installe à Nantes en 1775 et meurt en 1801 ; ses affaires ont été reprises par son fils Thomas I mort en 1828. Son petit-fils, Thomas II, est à l'origine d'une collection d'objets d'art et d'un musée prestigieux. Le patronyme est trompeur : les Dobrée ne s'intégrèrent pas totalement à la société nantaise. Pierre-Frédéric a épousé Catherine de Havilland avant de venir travailler à Nantes. Son fils s'est marié à une Schweighauser, héritière d'une famille bâloise active à Nantes. Le petit-fils épouse une irlandaise, Jane Walsh, et ce couple n'a pas eu d'enfant. 

PF Dobrée Thomas I Dobrée  Thomas II Dobrée
 Pierre-Frédéric
 Thomas I
 Thomas II

 

Les activités des Dobrée ont été peu liées à la traite, sans doute en raison des liens qu'ils avaient conservé avec le monde britannique où l'abolitionnisme a plus vite triomphé, sans compter le caractère aléatoire des gains. Je cite le catalogue de l'exposition : « Pierre-Frédéric semble n'avoir participé qu'à un seul armement négrier, celui de La Véronique qui effectue deux voyages entre 1786 et 1788. Le second connaît une fin tragique que Pierre-Frédéric décrit dans un courrier de 1788 : "L'accident de la Véronique est vrai. Les nègres pendant la traitte en ont pris possession, l'ont conduite a une distance ou ils s'en sont emparé et en la quittant y ont mis le feu (les assurances étoient faites en plein et le 10 du mois nous en seront remboursé)». Son fils et successeur cherche d'autres objectifs commerciaux. Thomas Ier fonde en 1812 sa première maison de commerce avec Mathurin Trottier — premier propriétaire de la Bonne-Mère dont Eric Saugera vient de faire l'histoire — et lance l'activité baleinière et le commerce avec l'Extrême-Orient.  

L-aimable-creole.jpg

Rôle d'armement de l'Aimable Créole pour Canton, 1824 © ADLA

La première campagne baleinière, celle du Nantais, date de 1817; le Triton et l'Océan suivirent jusqu'en 1830. Le commerce avec la Chine a reposé sur un navire de 810 tonneaux, le Fils-de-France, dont le duc d'Angoulême a posé la quille le 4 novembre 1817 : l'Etat subventionne cette nouvelle orientation commerciale en réduisant les tarifs douaniers sur certains produits venant de Chine. Ces expéditions fournirent aussi de nombreuses œuvres d'art chinoises. L'armateur investit également dans une fabrique de feutre — utilisé pour l'isolation des coques de navires — et dans la métallurgie locale à Basse-Indre. Thomas II s'est mis à collectionner les objets d'art à partir de 1831 : incunables, estampes, monnaies, statues, meubles... Notamment des pièces de la collection Soltykoff dispersée en 1861. En voici deux éléments :

aquamanile lai-d'aristote-Dobrée

Aquamanile du Lai d'Aristote. Statue début XVe s. © Musée Dobrée. Selon une légende médiévale, la courtisane Phyllis se moque du philosophe sous les quolibets d'Alexandre.[Voir + de détails]


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Reliquaire de saint Calminius © Musée Dobrée.

Calminius fut duc d'Aquitaine au VIIIe s. avant de fonder des monastères.

Ces œuvres d'art forment la base des collections du musée Dobrée, inauguré en 1897 et dont l'architecture est en rupture avec le classicisme auquel les riches nantais étaient habitués aux XVIIIe et XIXe siècles. Outre le palais Dobrée, Thomas II a acquis la "folie" du Grand-Blottereau où s'établira en 1917 l'état-major des troupes américaines. Accéder aux riches collections du Musée Dobrée.

Musee-Dobree-Exterieur.jpeg

ARMATEURS D'ARTS : les Dobrée.  - Archives Départementales de Loire-Atlantique, jusqu'au 18 décembre 2011. Entrée et catalogue gratuits.


Par Mapero - Publié dans : HISTOIRE 1789-1900
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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 17:33

L'expression est militaire : être en première ligne c'est affronter le feu de l'ennemi. Héros de ce roman, Cyril Cordouan est effectivement en première ligne : il est éditeur ; les éditions "Fulmen"c'est lui. Phare de la bonne littérature, on le voit refuser les manuscrits à tour de bras à la lecture deleurs premières lignes. Une hécatombe de romans et d'auteurs. Jusqu'au sens propre, puisque Martin Réal, constatant le refus persistant de Cordouan se suicide dans le bureau de l'éditeur.Laclav-I--Ligne.gif

• Qu'est-ce donc qu'un bon livre, un bon auteur pour Cyril Cordouan ? Sans doute est-il plus facile de cerner ce qu'il rejette : « Ils appellent au secours les poètes, les bêtes faramineuses, les faits divers, les Mythologies, l'Histoire, pour s'inventer des mondes sucrés et huileux, sans aspérité ni surprise — tout, plutôt qu'écrire un roman, tout plutôt que parler de la vie, du chaos qui les entoure ! (…) Le réel leur fait peur. Les mots les terrorisent…» Chacun de ces « arracheurs de fausses larmes » ne peut produire qu' « un manuscrit sans chair et sans nerf.»

• Pour endiguer le flot impur, Cyril imagine de réunir ses refusés non dans un salon mais dans l'arrière-salle d'un café, s'inspirant du protocole des "Alcooliques Anonymes", pour leur faire avouer, aidé de Blanche sa secrétaire, leur coupable passion — « Je m'appelle XXX et j'ai un problème avec l'écriture.» — et les éloigner du vice. L'écriture ne sera plus un vice impuni. Les réunions se passent au "Caminito", tenu par l'argentin Felipe, — un lieu et un personnage que l'on retrouvera dans "Nous voilà".

• Luce Réal, qui avait promis à un Cyril Cordouan incrédule de venger son mari, va espionner ces réunions  du "Caminito" et fomenter un complot avec la complicité de Justine Bréviaire. L'une est prête à tout pour que les éditions Fulmen publient "Zoroastre et les maîtres nageurs". L'autre est également prête à tout pour obtenir la parution de "La symphonie Marguerite". Aux yeux de Cordouan, le premier n'est que « Titre imbécile. Bouillon insipide» et le second « révoltante cucuterie ».

• Tandis que Luce et Justine mijotent leur assaut, il se passe beaucoup de choses dans ce roman jubilatoire (désolé, c'est dit) où l'éditeur se trouve trahi par son amie Anita et risque d'abandonner sa ligne éditoriale — évidemment ringarde aux yeux de son fils. Le plus grand bonheur de lecture vient certainement de la série des neuf "chapitre un" en italique — technique qui reprend avec une belle réussite les "chapitre zéro" de "Conciliabule avec la reine" — série où le personnage de Cyril Cordouan vit et meurt d'aventures inénarrables ici. La paternité de ces chapitres ne s'éclaircit que vers la fin du livre : surprise assurée d'autant qu'on a pu avoir une hypothèse de lecture erronée avec les premières pages…

• Encore un mot pour éclairer les choix littéraires de l'auteur. Les treize frustrés de la première réunion chez Felipe forment une « brochette d'écriverons à la triste figure ». Parmi eux il y a l'auteur de "Salsifis !": c'est un « roman expérimental agrémenté d'un cahier des charges de trois cents feuillets. Une contrainte par feuillet : autant de coups de discipline dont l'auteur se flagelle avec délectation… Règle n°1 : Chaque phrase comportera huit mots, autant que de lettres dans SALSIFIS. Règle n°2 : Les initiales de ces mots formeront dans l'ordre ou le désordre le mot SALSIFIS. Règle n°3: Chaque chapitre comportera autant de phrases qu'il y a de morceaux de salsifis dans une boîte de conserve de la marque Chassepot (…). Règle n°4 : Le roman comptera autant de chapitres qu'il y a de boîtes de salsifis Chassepot empilées en tête de gondole au magasin Franprix situé au huit de la rue du Huit-Mai-1945 à Paris, chiffre relevé un huit août à seize heures...» On reconnaît bien sûr une joyeuse mais cinglante dénonciation des théories et contraintes chères à l'Oulipo — affaire qui a opposé Jean-Marie Laclavetine à Jean Lahougue au point de donner lieu à une correspondance entre l'éditeur (membre du comité de lecture de Gallimard) et l'auteur refusé, à lire dans "Ecriverons et Liserons".

Jean-Marie LACLAVETINE  -  Première ligne. - Gallimard, 1999, 241 pages. 


Par Mapero - Publié dans : LITTERATURE FRANÇAISE
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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 17:25

Comme dans "Minetti" de Thomas Bernhard, une seule actrice occupe la scène et interprète le rôle d'Ariane ; la rareté des didascalies suggère un grand dépouillementLaclavetine-Luxembourg.jpeg scénique : tout repose sur le jeu de la comédienne (Le rôle a été créé par Miou-Miou au Théâtre de Chaillot en 2000.) La voix d'Ariane c'est le fil du script, tantôt monologue personnel, tantôt prosopopée, ou dialogue avec ses morts : Félix, son père, qui vient d'être incinéré ; Léa sa mère, Sauveur son ami… En une douzaine de brefs tableaux, Laclavetine donne à voir le travail de deuil d'Ariane : l'essentiel se joue hors scène, le fantastique se joint au tragique, l'ici-bas communique avec l'au-delà, la littérature s'incarne dans la vie réelle… Certes scénographier ce traumatisme psychologique lui confère plus de force et impacte davantage le public que sa narration romanesque ; mais J.-M. Laclavetine reste distant et un peu léger…

Ce jeu des voix répond à une nécessité psychique. Hantée par ses morts, qui l'habitent et la harcèlent de leurs ressentiments, Ariane a besoin de leur prêter sa voix, elle qui n'a pas aidé leurs âmes à se détacher de ce bas monde. À quarante ans, sa seule thérapie tient au pouvoir cathartique de la parole. Félix, Léa et Sauveur s'ennuient au Luxembourg, représentation de l'au-delà : les "emplumés", leurs gardiens, leur interdisent toute apparition et le Voyage vers les vivants se fait par effraction, entre deux rondes…

Ariane gémit "Mon père était mon fils"; pour lui, elle a rêvé de tuer sa mère et repoussé l'amour Sauveur..., elle est demeurée aveugle au "cannibalisme" de ce père, cet homme énorme qui les a privées de vie et a métaphoriquement assassiné sa mère… enfuie avec Vladimir, personnage d'un roman paternel… À "l'ours" Félix s'oppose "le cygne" Léa… "Enveloppe vide" et solitaire, Ariane songe au gaz, une des "nombreuses liaisons directes" pour ce Luxembourg. Toutefois, lorsque le rideau tombe, la jeune femme s'est libérée de ses fantômes — "Sortez de moi!"—, mais au prix fort —" J'étais surpeuplée et me voilà déserte"—.

"Le Voyage au Luxembourg" emporte le public dans le dédale morbide d'une conscience en deuil. Sa lecture aisée décuple la force de résonance de la pièce, d'autant plus que Laclavetine laisse toute liberté au metteur en scène.

• Publié en 1999, ce Voyage n'est pas sans rappeler "l'Hôtel des deux mondes" de Schmitt, édité lui aussi chez Gallimard la même année : ces deux œuvres proposent une représentation des relations entre notre monde et l'au-delà. L'illusion théâtrale reste le meilleur genre littéraire pour nous confronter à notre mort.

Jean-Marie LACLAVETINE - Le Voyage au Luxembourg. Gallimard, Le manteau d'Arlequin, 1999, 61 pages.

Par Kate - Publié dans : LITTERATURE FRANÇAISE
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 08:52

Sorti sur les écrans le 26 octobre 2011, "L'Exercice de l'Etat" a été salué à juste titre par la critique. Thriller politique, le film produit par les frères Dardenne, montre à travers un époustouflant duo d'acteurs, les dessous de la gestion gouvernementale et une réflexion acide sur le pouvoir.

• Bertrand Saint-Jean, le ministre des transports (Olivier Gourmet) et Gilles son chef de cabinet (Michel Blanc) forment le duo essentiel dont les relations sous-tendent le film…

• Un premier constat : la gestion quotidienne du pouvoir baigne dans un stress permanent et son outil indispensable est le téléphone mobile. Le film commence par un accident d'autocar assez sanglant pour qu'on réveille le ministre et le sorte de son cauchemar pour l'amener sur les lieux d'un autre, bien réel.

• Ultérieurement, on apprécie que le film brille par la mise en scène des intrigues entre ministres. Le projet de privatisation des grandes gares sert de test pour marquer les divisions et les convictions : Saint-Jean mangera son chapeau devant les "marquis de Bercy" mais ce n'est finalement pas lui qui portera le projet à terme. Un accident de circulation filmé de façon très spectaculaire fera de lui un miraculé politique.

• Bien évidemment, la portée du film dépasse ces considérations factuelles. Le rêve ou plutôt le cauchemar initial du ministre est une splendide métaphore de la relation de l'homme avec le pouvoir. Le pouvoir est un monstre qui attire et qui engloutit et qui tue. A l'image du crocodile !

Schoeller-la-metaphore-du-pouvoir.jpeg

Un film remarquable tant par le jeu des acteurs que le scénario, à voir d'urgence.


L'exercice de l'Etat

Film de Pierre Schœller

2011, 1h 52 min.

 

 

Par Mapero - Publié dans : AU CINEMA
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 10:46

En avant-propos, la romancière Ludmila Oulitskaïa écrit : « Aujourd'hui, près de un million de personnes, 893 600 très exactement, sont détenues dans les prisons russes. La durée Limonov-mes-prisons.jpegmoyenne d'incarcération varie entre neuf et dix ans.» Faut-il dire qu'Edouard Limonov a eu de la chance, lui arrêté en avril 2001 et libéré au printemps 2003 ? Non. Car en réalité c'est une accusation bidon et un procès truqué qui l'ont conduit en prison.

• Incarcéré d'abord dans une prison moscovite, Limonov, évoque ici sa détention à Engels et à Saratov où son procès s'est tenu. Pour son arrestation et sa libération on se reportera au livre d'Emmanuel Carrère. « Ballotté par les vents mauvais de l'engrenage judiciaire » Limonov nous fait bien comprendre que la privation de liberté est un thème fondamental de la vie russe et il utilise couramment dans son témoignage le mot "zek" pour désigner le prisonnier comme dans un livre de Soljenytsine. Sans pour autant s'ériger en véritable martyr du pouvoir post-soviétique, il fait de sa critique un leitmotiv convaincant qui vise les policiers violents, les juges aux ordres, et les politiciens soumis au tyran du sommet de l'Etat.

• Le « petit moujik en touloupe à la Pougatchev », comme il se présente lui-même, devient ethnologue pour distinguer les zeks des différentes nationalités de la Fédération, et sociologue pour opposer aux prisonniers d'antan fidèles à la loi de leur milieu les nouveaux délinquants issus de la corruption et du cercle des entrepreneurs règlant leurs comptes à la kalachnikov. D'où une belle galerie de portraits. Un certain Youra, haut-fonctionnaire de Saratov qualifié ironiquement de "ministre de la culture", attire sur son cas les flèches qui visaient les fonctionnaires corrompus avec une verve qui n'est pas sans rappeler Gogol.

• Au fil des pages, — sous ce titre qui reprend celui de Silvio Pellico — le lecteur découvre des anecdotes inattendues et parfois émouvantes. Ici l'auteur se plonge dans la biographie de Lénine avant 1917 en ironisant sur son parti alors plus virtuel que bolchevique. Là, lors d'un transfert, il est accueilli d'un ironique « C'est Ben Laden qui vient nous rendre visite !» — par des prisonniers qui savent que Limonov est accusé à tort de terrorisme. Ne pouvant assister aux obsèques il compose un poème pour son épouse Natacha « cette femme étrange », « cette étoile noire », rockstar morte d'overdose au début de 2003 et dont il était séparé depuis 1995.

• Comme tout prisonnier, il est préoccupé par l'emploi de son temps. Bien que — par coquetterie  — il refuse la pose de l'intellectuel, il voudrait éloigner les taulards de leur drogue la plus courante : la télévision qui passe des séries policières et qu'il juge assommante. « Emprisonné à Lefortovo et ensuite dans la cellule 125, j'ai compris que la télévision pouvait être un châtiment. Dans la 125, j'ai agi bêtement et obtenu moi-même le privilège qu'on ne coupe pas le courant de l'heure du réveil jusqu'à l'extinction des feux. Dans la 156, déjà mûri par l'expérience, je me soumets de bon gré au caprice de Nikolaï, l'électricien du couloir : la lumière s'éteint toutes les deux heures pendant deux heures.» Comme quoi la prison peut servir à quelque chose.

Edouard LIMONOV  -  Mes Prisons  - Traduit du russe par Antonina Roubichou-Stretz. Actes Sud, 2009, 283 pages.

 

 

Par Mapero - Publié dans : LITTERATURE RUSSE
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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 11:05

 

Poétesse bengalie reconnue, Shumona Sinha prête des mots de chair et de souffrance à sa narratrice anonyme, jeune femme immigrée du sous-continent indien, interprète dans un bureau d'accueil de demandeurs d'asile, sous le "ciel caillé" d'une sordide banlieue parisienne. Sur "la peau de béton du parking", toujours "un frisson bleu parcourt" le dos de cette amoureuse de "la gymnastique des langues" et des images. Pour elle, trait d'union Sinha-Assommons-les-pauvres.pngentre les immigrés, les officiers d'accueil et les avocats de la cour d'appel, tout est mensonge et comédie ; les "mots caméléons" déguisant la vérité ne véhiculent que "les déchets des rêves" de ces requérants : ils mentent pour obtenir l'asile politique ; les "hommes blancs" leur mentent pour masquer leur impuissance à les aider. "Outil le plus fragile de cette usine à mensonges", la jeune interprète se déchire entre sa compassion spontanée et son mépris haineux de ces pauvres. Toute une nuit, mise en examen au commissariat pour avoir brisé une bouteille de vin sur la tête d'un immigré, harcelée par les questions de Monsieur K., elle "descend dans ses sous-sols" et tente de comprendre pourquoi, comme la "Pierre de patience" de T. Rahimi, elle a fini par éclater.

Le titre emprunté à un poème en prose de Baudelaire, l'exergue à P. Quignard, donnent sa pleine signification au récit : "celui-là seul est l'égal d'un autre qui le prouve ; celui-là seul est digne de la liberté qui sait la conquérir". (Baudelaire : Assommons les pauvres!)

La jeune narratrice est "passée de l'autre côté", elle a trouvé la volonté de "couper les ponts" avec l'Inde de la partition et "d'effacer le souvenir de la misère". Vêtue de "robes gaies", "drapeau d'une vie meilleure", son intégration semble évidente. "Les gymnastes langagiers se sont battus et ils ont réussi", elle aussi. Elle ne supporte donc pas le manque de pugnacité de ces demandeurs d'asile, ces "méduses mal aimées", et veille à "dresser une muraille" entre elle et eux : "leur misère ne justifiait pas leurs mensonges, leur misère m'agaçait" confie-t-elle à M.K. Comme Baudelaire et le mendiant, la jeune femme frappe l'immigré pour lui rendre "l'orgueil et la vie".

À écouter toujours le même récit des requérants, la lassitude et l'indifférence gagnent les officiers d'accueil, impuissants à améliorer le sort de ces pauvres : cette fallacieuse comédie des mots rend la compassion insupportable. Seuls les "anges de l'aide sociale" y croient, car "l'œuvre de charité apaise la conscience coupable (…) On se sent un peu plus humain" : là encore l'interprète débusque avec amertume l'hypocrite mise en scène. Si l'on ne peut rien pour eux, alors "assommons les pauvres": "la misère, comme la vérité, est à étouffer, à enterrer".

La liberté, "la possibilité d'aller où on veut" , voilà le premier mot caméléon, car seules les bêtes sauvages la connaissent, et les hommes qui se battent pour tenter de s'en approcher...

Pourquoi la jeune femme a-t-elle frappé l'immigré? Pour se défendre, se protéger, par incapacité à contenir davantage son propre traumatisme migratoire… Shumona Sinha a été elle-même interprète : son récit est un livre de vérité, autant celle de la misère aux mots "assassins, hideux", que celle de la conscience humaine. Mais l'auteur a pris la liberté de la vêtir d'une sombre beauté.

Shumona SINHA.  Assommons les pauvres ! Éditions de l'Olivier, 2011, 154 pages.


Par Kate - Publié dans : LITTERATURE FRANÇAISE
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