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En 2008 la crise des subprimes a porté le coup de grâce à Detroit, jadis emblème de l'american way of life. Thomas B. Reverdy a pris la ville déchue comme personnage principal de son roman et a jeté dans cette misère une poignée de personnages à la recherche d'une intrigue. Eugène l'ingénieur revenu de Chine, Candice la barmaid mélancolique, Brown le bon flic, Georgia la mamie inquiète, Charlie et Bill les gamins paumés, tels sont les principaux personnages de ce roman qui essaie de rafistoler une histoire où il est question de maisons abandonnées, de zone industrielle en friche, et de gamins disparus.

Les explications faiblardes sur l'économie du secteur automobile ajoutées à l'improbable mission d'Eugène visant à lancer un projet de nouvelle voiture dans le secteur dévasté des anciennes usines Packard ne retiennent pas longtemps l'attention.

Un drame se noue dans la zone perdue où une école ruinée sert de repaire à un gang dirigé par Max, un dealer — proche du maire corrompu et débarqué — vraisemblable assassin de Framboise, la call girl amie de Candice. Tel le joueur de flute de Hamelin des frères Grimm, Max a attiré hors de leurs quartiers une foule de gamins délaissés et d'ados désœuvrés pour en faire ses petits soldats. Mais la police est débordée et toutes les familles ne signalent pas leurs disparitions.

La tragédie vaut comme illustration d'une Amérique qui n'avait pas encore touché le fond puisque la publication du roman précède d'un an l'élection de Trump, mais c'est une illustration finalement assez caricaturale, car l'on ressent peu la typicité de la société américaine une fois ôtés les toponymes pris dans Google map.

Thomas B. Reverdy. Il était une ville. Flammarion, 2015, 267 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE