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Comme l'indique le titre, ces textes brefs s'apparentent à des photographies, figent des mouvements en arrêt sur image, ou encore procèdent à d'obsédantes répétitions.

Une cafetière sur une table dans une pièce où des mannequins de bois attendent l'essayage, une école où l'instituteur remplaçant fait lire les élèves, des arbres dont les troncs parallèles se reflètent dans une mare forment un premier ensemble, des « visions réfléchies ».

Trois promeneurs font le tour d'une île mais ne peuvent ensuite franchir le gué quand la mer monte : c'est « le chemin du retour ».

Longeant la falaise, trois enfants marchent sur le sable : c'est « la plage ». Les oiseaux s'envolent à chaque fois que le trio se rapproche un peu trop.

Un acteur en cours de répétition tourne le dos à la salle, c'est « la scène ».

Quelques personnes dans un escalier mécanique, puis dans un souterrain scandé d'affiches publicitaires, toujours les mêmes, et enfin devant le portillon fermé de la station du métro forment « Dans les couloirs du métropolitain ».

Par contraste avec ces images réalistes et quotidiennes, « la chambre secrète » offre la vision onirique d'une beauté nue et enchaînée que l'on vient de sacrifier dans un salle voutée, tandis que l'assassin s'échappe par l'escalier en colimaçon.

Ces « Instantanés », écrits de 1954 à 1962, illustrent assez bien les obsessions de l'auteur pour les miroirs, les reflets, les répétitions, les descriptions lentes de mouvements, la géométrie et enfin l'érotisme.

Alain Robbe-Grillet. Instantanés. Editions de Minuit, 1962, 109 pages.

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE