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Un soldat erre, désarmé, dans les rues d'une ville que l'ennemi doit bientôt occuper. La bataille a mal tourné, les troupes se sont repliées, certaines sans combattre. C'est l'hiver. Il neige. Un blessé grave a remis à ce soldat une boîte avec des affaires personnelles à l'intention d'un parent qui attendra au coin d'une rue, près du réverbère. Le soldat cherche le lieu du rendez-vous, un gamin l'aide ou tente de l'aider. Le soldat a de la fièvre et il a pourtant quitté l'infirmerie. Des ennemis surviennent à bord d'un side-car et un tir l'atteint. Il est recueilli par la mère du garçon. Dans son esprit délirant reviennent en boucle des images, notamment du café où il a rencontré d'autres soldats en déroute, et aussi l'image d'une estampe du siècle précédent où se joue une scène comparable. La bataille se serait déroulée à Reichenfels, lieu imaginaire bien sûr (même si une commune d'Autriche se trouve porter ce nom).

Ce roman sombre, à la fois par son sujet et son atmosphère, ne se livre pas facilement au lecteur que les descriptions répétitives, dès l'incipit, peuvent assommer. Comme dans La Jalousie, peu d'informations claires viennent aider à s'approprier l'histoire de ces anonymes. La phrase favorite du soldat est « Je ne sais pas » ! Rien qui soit de nature à susciter un suspense attrayant, mais malgré tout il n'est pas exclu que le lecteur persiste et finisse par se piquer au jeu, car une fois dans le labyrinthe c'est bien connu qu'on a dû mal à trouver la sortie.

Alain Robbe-Grillet. Dans le labyrinthe. Éditions de Minuit, 1959, 221 pages.

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE