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Sous-titré « histoire d'un Métis de Maniwaki », le roman de l'écrivain québécois Michel Noël plonge le lecteur dans l'univers des Amérindiens à travers quelques épisodes de la vie de Nipishish.

L'intrigue nous emmène dans une réserve de la nation anishnabée puis en pleine forêt près d'un lac où Nipishish et sa jeune compagne Pinamen passent l'hiver pour jouer les trappeurs, les coureurs des bois. Mais ce n'est pas l'amour de la chasse et des chiens de traineau qui a poussé le jeune homme à affronter la nature hostile, et à s'éloigner de la réserve que dirige William le nouveau chef du Conseil de bande, c'est qu'il est soupçonné par le sergent McDonald d'avoir subtilisé des documents le concernant lui Nipishish ainsi que son père Shipu, mort noyé en 1950. On dit que c'était un accident, mais des doutes surviennent qui amènent Nipishish à enquêter sur ce père qu'il n'a pratiquement pas connu. Il découvrira non seulement une photo de ses parents mais aussi les objectifs politiques de son père, ce qui explique les dossiers à charge qui sont au centre de l'intrigue.

L'écrivain nous initie brillamment à la vie hivernale dans la forêt boréale, émaillant son texte de mots en langue algonquine et de termes propres au parler québécois, avec assez de notes pour rassurer le lecteur hexagonal, jeune ou moins jeune. Ces marqueurs linguistiques contribuent fortement à nous intéresser à ce pays où l'on chasse l'orignal — mush en algonquin — en se déplaçant en raquettes dans la poudrerie, tandis que les gendarmes risquent de surgir en motoneige pour procéder à une arrestation.

Voilà donc une lecture captivante, à la portée de jeunes lecteurs qui y trouveront un exotisme de bon aloi, et aimeront ces Indiens en quête de dignité.

Michel Noël. Hiver indien. Borealia, 2016 (éd. Hurtubise, 2001), 163 pages.

Tag(s) : #LITTERATURE CANADA, #LITTERATURE JEUNESSE