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Loin du Moyen-Âge de Baudolino et du Nom de la Rose, ce dernier roman d'Umberto Eco nous fait vivre une aventure palpitante dans le journalisme contemporain. Le temps du récit est le printemps 1992. L'action se passe à Milan où Colonna, le narrateur, participe au projet de lancement d'un nouveau quotidien financé par un homme d'affaire intrigant.

Parmi les six journalistes embarqués par Simei dans cette entreprise, il y a Maia une femme avec qui le narrateur aura une brève liaison, et Braggadocio un spécialiste du journalisme d'investigation dont l'idée fixe consiste à dévoiler des mystères entourant la mort de Mussolini et des intrigues politiques nauséabondes de la République italienne.

Peu avare de confidences, Braggadocio, le journalisme fouineur, est retrouvé assassiné avant la sortie du numéro zéro. Cette mort, apparemment accompagnée de menaces sur la personne du commanditaire, met fin au projet. Les journalistes sont licenciés et le narrateur qui a souvent discuté avec Braggadocio se croit poursuivi par les tueurs qui ont liquidé son confrère. Il se réfugiera dans la maison de campagne de Maia.

Ceci n'est que le canevas qui permet à Umberto Eco de traiter son sujet. Il consiste à broder sur les intrigues qui ont ou auraient accompagné la chute de Mussolini, et conduit à imaginer des liens secrets entre les complots de l'extrême-droite italienne, la politique anticommuniste du temps de la Guerre froide avec le réseau Gladio, et l'existence d'un sosie du Duce liquidé en 1945 pour permettre la fuite du vrai.

Vrai, vraisemblable, douteux, faux et archi-faux se mélangent benoitement dans ce court roman. Le fascisme, la presse et la classe politique figurent à part égales dans le collimateur du sémiologue. Ce polar réjouira les inconditionnels du grand Umberto. Les autres s'abstiendront.

Umberto Eco. Numéro zéro. Traduit par J.-N. Schifano. Grasset, 2015, 235 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE ITALIENNE