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Haarlem dans les années 1635-36, au moment de la fameuse spéculation sur les oignons de tulipes, d'où le titre du roman : Semper Augustus, du nom de l'un des plus beaux spécimens de cette fleur. La famille Van Deruick se retrouve ruinée par une enchère excessive alors que la folie tulipière s'effondre. Tandis que le père, Cornelis, était parti chercher fortune au Brésil, l'aîné de ses enfants, Wilhem, s'est laissé prendre de bonne foi à cette spéculation insensée, entraîné par Paulus Van Bereysten, un riche ami de son père, dont les intentions et les manières s'avéreront suspectes.

Un peu comme dans Miniaturiste de Jessie Burton paru huit ans plus tard, c'est toute la société du Siècle d'Or hollandais qui est convoquée par l'auteur. Nous voyons vivre un monde calviniste très prude où l'homosexualité est punie de mort, en même temps qu'un affairisme effréné. Paulus Van Bereysten a offert à son épouse triste une maison de poupée mais cette précision ne donne pas lieu à développement au contraire du roman de Jessie Burton. L'évocation du Siècle d'Or et les besoins du récit amènent Olivier Bleys à mettre en scène une artiste peintre, Judith Leyster, épouse de Jan Miense Molenaer, alors spécialisée dans la peinture de fleurs comme celle-ci.

Du point de vue de l'intrigue, fort bien construite, l'essentiel se situe dans un double système de relations personnelles, d'une part entre Wilhem et Paulus son mentor, d'autre part entre Wilhem et les autres membres de sa famille, Jasper qui aurait voulu poursuivre ses études, Petra qui attend le prince charmant plutôt qu'un mariage arrangé avec le fils Van Bereysten, et enfin sa jeune sœur Harriet.

Il y a matière à de palpitants rebondissements dans cette histoire de dupes très réussie et le lecteur ne doit pas oublier de lire l'épilogue, assez surprenant. En revanche il est préférable de ne pas commencer en lisant la lettre que Jaspar envoie à son oncle, lettre qui figure en introduction au roman, car elle dévoile malencontreusement quelques aspects de l'intrigue qu'il faut laisser le lecteur découvrir ultérieurement.

• Olivier Bleys. Semper Augustus. Gallimard, 2007, 334 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE