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Franz Huchel a grandi au pied du Salzkammergut et s'est baigné dans l'Attersee. Quand la mort fauche le vieil amant et protecteur de sa mère, le jeune homme est invité (fortement invité) à gagner sa vie comme assistant du vieux buraliste unijambiste Otto Tresniek : ce n'est peut-être pas très gai, mais c'est au cœur de Vienne.
Dans la capitale — qui n'est plus aussi joyeuse qu'autrefois —, Franz même une petite vie triste jusqu'à ce que le hasard le mette en contact avec le Dr Freud. Le vieux docteur aime les cigares. C'est par ce moyen que l'assistant buraliste garde le contact avec le père de la psychanalyse qui met un nom sur ce qui travaille Franz : la libido. Une charmante et improbable amitié naît entre eux deux. Ayant bien appris sa leçon, Franz se laisse facilement envoûter par la jeune Anezka rencontrée au Prater. 
Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes : l'Autriche de 1938 voit arriver l'Anschluß et la Gestapo s'installer à l'hôtel Metropol... Le buraliste ne pourra plus continuer à servir comme avant ses clients juifs et communistes... et la jeune Anezka qui œuvre dans un cabaret tombera dans les bras d'un élégant officier nazi. Tout se ligue contre Franz Huchel, contre le tabac Tresniek et la tragédie guette.
Ce qui séduit dans ce court roman c'est d'abord son écriture, légère et souvent humoristique. Les savoureux propos échangés entre le bon docteur Freud et le naïf Franz Huchel concourent à donner au livre un ton primesautier alors qu'en fait tout va de travers pour Freud comme pour Huchel et pour Tresniek. Et l'année qui vient sera pire.
• Robert Seethaler. Le tabac Tresniek. Traduit par Elisabeth Landes. Sabine Wespieser, 2014, 248 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE ALLEMANDE, #AUTRICHE