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“Un train peut en cacher un autre” prévient-on aux abords des voies ferrées. Un violeur pour en cacher un autre, tel est l'avertissement qu'il aurait fallu donner à l'épouse de feu Rebernak — peut-être le chauffagiste de “Bambi bar”. C'est aussi la morale de l'histoire. Ceci mérite quelques mots d'explication.
 
Libéré pour conduite exemplaire après quinze ans de prison, son cousin Freddy revient avec l'espoir d'être hébergé chez les Rebernak, même dans la cabane au fond du jardin. Mais avec son air limité, son tatouage et son chien, Freddy n'inspire guère confiance. Martha le soupçonne de traîner autour de sa fille Clémence et d'être toujours aussi dangereux que lorsqu'il abusa de la petite Sonia, alors camarade de classe de sa fille et de son copain Paul, le fils du notaire, Me Montussaint. Aussi Martha, tarde-t-elle à s'apercevoir que sa fille lycéenne fréquente autant sinon plus le père que le fils. Le jour de l'anniversaire de Paul, son père se fait encore plus pressant auprès de Clémence. Jusqu'au drame.
 
Pour ses intrigues Yves Ravey affectionne les petites villes de province, là où il y a des brigades de gendarmerie. Il donne aussi toujours une place importante à quelques objets. Dans “Enlèvement avec rançon” c'est la présence d'un kit de couture qui ouvre les yeux de Samantha. Dans “La Fille de mon meilleur ami”, c'est un portefeuille oublié qui fait basculer l'action. Ici, c'est un roman du programme de Première appartenant à Clémence que sa mère découvre — un peu tard – sur le siège de la voiture rouge de maître Montussaint. Le notaire, en effet, n'est pas clair... si j'ose dire. Il y a aussi le fusil du mari de Martha, jadis partenaire de chasse du notaire, un fusil emprunté par le notaire puis rendu tardivement à Martha pour qu'elle s'en serve éventuellement contre Freddy.
Il y a probablement un public pour ce genre de petit roman vite lu et centré sur un fait d'hiver. Du moins les éditions de Minuit semblent-elles le penser...
 
• Yves Ravey. Un notaire peu ordinaire. Editions de Minuit, 2013, 108 pages.
Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE