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Soit une ligne ferroviaire dans le sud de la Sicile. Deux trains font chacun un aller-et-retour quotidien entre Vigàta et Castellovitrano. Le garde-barrière Nino Zarcuro n'est donc pas stressé par le trafic. « Quand tous les trains étaient passés, Nino et Minica prenaient leurs chaises et allaient s'asseoir au bord de la mer. Minica chantait et Nino l'accompagnait à la mandoline. Puis, ils rentraient dans leur maisonnette, se couchaient et s'employaient bon cœur bon argent (sic) à mettre un enfant sur le métier. »
Or la grossesse tarde à venir, et il s'ensuit une belle quantité de conséquences à la fois comiques et tragiques. Comme l'Italie est en guerre, des soldats sont venus construire des bunkers le long de la côte. Arrive l'été 43 et l'aviation anglaise pilonne bientôt la zone côtière... En même temps notre garde-barrière découvre que le puits qui lui permet d'arroser ses tomates pourrait avoir d'autres vertus positives.
Nino et son ami Toto ont l'habitude de venir chanter en ville chez le barbier et dans un restaurant. Par malheur, leur parodie de chansons fascistes les mène en prison et c'est juste à ce moment qu'un voisin entreprenant cherche à profiter de Minica restée seule et la viole. Comme on est en Sicile, Nino se retrouve poussé à faire justice lui-même, le mafieux du coin organisant la vengeance. Et quelle vengeance ! Quant à Minica, elle a subi un tel traumatisme que sa santé mentale pourrait bien vaciller.
Avec des personnages truculents et des aventures incroyables, ce court roman fait bien partie du monde camilleresque centré sur Vigàta et l'époque fasciste. Et comme de coutume, le parler populaire, patoisant et imaginatif de ses personnages fait des apparitions que Dominique Vittoz, la traductrice, traite avec une originalité qui peut parfois laisser perplexe le lecteur non prévenu. Un coup d'œil à une édition originale de Camilleri est encore le seul moyen connu de comprendre le sens du mot « intraduisible ».
• Andrea Camilleri. Le garde-barrière. Traduit par Dominique Vittoz. Fayard, 2012, 149 pages. (Il casellante. Sellerio, 2008).

 

Tag(s) : #LITTERATURE ITALIENNE