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Des émigrés russes à New York dans un été caniculaire. Autour du peintre Alik, atteint d'une grave maladie, gravitent sa femme, ses anciennes maîtresses, ses amis médecins, et autres connaissances des deux sexes. L'intrigue n'est pas compliquée : Alik va mourir, Alik est mort et « de joyeuses funérailles » s'ensuivent.

Les émigrés sont soucieux d'Alik mais ils ont encore la tête en Russie. D'autant que le putsch contre Gorbatchev vient mobiliser un temps leur attention. L'auteur évoque bien sûr la vie de certains de ses personnages avant leur émigration, et comment ils se sont adaptés à l'Amérique. Irina qui était acrobate est devenue avocate : un métier qui demande aussi beaucoup d'adresse !

Le roman se présente largement comme une galerie de portraits de femmes attentionnées : Nina, Valentina, Irina, et sa fille Tee-Shirt, petite-fille du peintre, qui va s'occuper de décorer le loft d'artiste pour le repas d'après les funérailles : les toiles du peintre seront accrochées et l'on écoutera sa voix enregistrée recommandant de boire, danser, et chanter : « C'est de la country russe » explique-t-on aux voisins latinos.

Retour en arrière. Le médecin Fima, praticien de la vieille école, et le docteur Berman spécialisé dans la médecine nucléaire — « En Russie, on ne verra pas ça avant vingt ans, peut-être même jamais ! » — sont bien impuissants face au progrès de la maladie « rare et singulière » qui frappe leur compatriote.

Alors Nina qui est orthodoxe s'est mis en tête de faire baptiser son époux qui est de tradition juive. Avant d'accepter, Alik veut bien consulter un prêtre mais surtout un rabbin. Ce pourrait être l'un des ressorts du livre : le père Victor et le rabbin Ménaché au chevet du mourant et entreprenant une savante dispute théologique, mais l'affaire est plutôt vite épuisée...

Autre dimension du roman : Alik meurt ruiné, mais que valent les toiles qu'il avait délaissées ? On sait que l'Europe de l'Est a fourni à la peinture américaine certains de ses plus glorieux représentants. Cela non plus ne sera pas beaucoup exploité.

D'une lecture très agréable, ce roman laisse ainsi le lecteur sur sa faim. On avait espéré plus de développements... sans réaliser que le format est réduit à 160 pages !

• Ludmila Oulitskaïa. De joyeuses funérailles. Traduit par Sylvie Benech. Gallimard, 1999, 166 pages, et Folio, 2001.

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE RUSSE