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En toile de fond, le siège de Sarajevo, les victimes de la guerre, l'exil des réfugiés bosniaques. Nombre d'entre eux se retrouvent à Paris. Un ancien cinéma au décor exotique néo-égyptien, le Londres-Louxor devient leur lieu de rendez-vous, à la fois bar, salon, bureau... On y croise les sœurs Vitch, dernières passagères du dernier avion qui avait quitté Sarajevo. « Ariana et Esme avaient un rapport réfléchi aux hommes : Esme les comprenait, Ariana les séduisait. » Teinte en blonde, Esme est devenue « le versant visible d'une mascarade littéraire » : elle signe les romans d'un auteur qui préfère rester dans l'ombre. Au contraire d'Esme, Ariana est devenue invisible depuis qu'est sortie du club en compagnie d'un mystérieux compatriote qu'on appelle le vice-président. Elle aurait effectué une mission d'intérim comme comptable dans un musée de Zurich. C'est alors que quatre tableaux impressionnistes y avaient été volés. Depuis, Ariana a disparu et Esme la cherche, aidé d'Anton, à la fois journaliste qui n'écrit pas beaucoup et critique littéraire qui ne lit plus.

Le roman vaut pour la présence/absence des sœurs Vitch, pour les bizarreries des personnages qui hantent le Louxor, pour un climat de mystère entretenu jusqu'à la fin, mais en rapport suggéré avec les victimes du conflit yougoslave. Contrastant avec ces incertitudes, le prologue, en zoom sur ces lieux magiques et leur histoire, est loin de faire soupçonner au lecteur ce qui l'attend par la suite. L'auteure manie légèreté et humour, en jouant d'une écriture simple pour servir une intrigue faussement policière dont la complexité est finalement plus feinte que réelle.

Jakuta Alikavazovic. Le Londres-Louxor. Points, 2012, 211 pages.

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE